« Tout va bien… et pourtant, je ne me sens pas bien »
Extérieurement, rien de particulier.
Pas de danger immédiat.
Pas de problème évident.
Pas d’événement précis auquel rattacher ce que vous ressentez.
Et pourtant, à l’intérieur, quelque chose est là.
Une tension difficile à relâcher.
Une inquiétude diffuse.
Le sentiment de devoir rester vigilant.
Des pensées qui tournent.
Une respiration plus courte.
Parfois même cette impression étrange que quelque chose ne va pas, sans pouvoir dire exactement quoi.
C’est souvent ce qui rend l’anxiété si déstabilisante : nous cherchons une explication rationnelle et nous ne la trouvons pas.
Alors une autre inquiétude apparaît parfois :
« Mais pourquoi est-ce que je me sens comme cela alors que tout va bien ? »
L’anxiété peut sembler arriver « sans raison »
Il est important de le préciser : ressentir de l’anxiété sans identifier immédiatement sa cause ne signifie pas qu’elle est imaginaire, excessive ou injustifiée.
Nous ne sommes pas toujours conscients de tout ce qui nous traverse.
Une période de fatigue, une accumulation de petites tensions, une situation relationnelle inconfortable, une décision repoussée, une peur que l’on n’ose pas vraiment regarder, une pression professionnelle ou familiale peuvent progressivement créer un état de tension intérieure.
Pris séparément, chacun de ces éléments peut sembler anodin.
Mais leur accumulation peut finir par peser.
Il arrive également que l’on ait appris à continuer, à tenir, à prendre sur soi, à répondre aux attentes, parfois sans vraiment prendre le temps de ressentir ce qui se passe à l’intérieur.
Le corps, lui, continue de percevoir.
Et parfois, il manifeste ce que nous n’avons pas encore pu identifier clairement par la pensée ou mettre en mots.
Quand le corps se met en état d’alerte
L’anxiété n’est pas uniquement une pensée.
Elle peut être très corporelle.
Le cœur s’accélère.
La respiration devient plus courte.
Le ventre ou la poitrine se contractent.
Les muscles restent tendus.
Le sommeil devient plus léger.
Une agitation ou une fatigue inhabituelle peut apparaître.
Le corps semble dire : « Attention, quelque chose mérite peut-être ton attention. »
Cela ne signifie pas nécessairement qu’un danger réel est présent.
Mais quelque chose, dans votre expérience actuelle, votre environnement, vos émotions ou votre histoire, peut activer un sentiment d’insécurité ou de vigilance.
Et chercher uniquement à faire disparaître ces sensations peut parfois empêcher d’entendre ce qu’elles viennent signaler.
« Pourtant, je n’ai aucune raison d’être anxieux »
Cette phrase revient souvent.
Mais nous avons parfois une représentation très restrictive de ce qui serait une « bonne raison » d’être mal.
Nous pensons à un événement grave, une séparation, un conflit majeur, une maladie, une difficulté financière…
Or ce qui nous affecte peut être beaucoup plus subtil.
Une relation dans laquelle nous ne nous sentons plus tout à fait nous-mêmes.
Une charge mentale permanente.
La peur de décevoir.
Une difficulté à poser des limites.
Le sentiment de devoir toujours être fort.
Un besoin que nous repoussons depuis longtemps.
Une période de changement, même souhaitée.
Ou simplement cette impression de mener une vie qui fonctionne extérieurement mais dans laquelle, intérieurement, quelque chose ne trouve plus vraiment sa place.
Nous pouvons alors continuer à nous dire :
« Je n’ai pourtant pas de raison de me plaindre. »
Et en même temps ressentir profondément que quelque chose demande à être entendu.
Et si l’anxiété était aussi une information ?
En Gestalt, nous nous intéressons à ce qui se vit ici et maintenant.
Plutôt que de considérer immédiatement l’anxiété comme quelque chose qu’il faudrait éliminer, nous pouvons commencer par devenir curieux de ce qu’elle raconte.
Comment apparaît-elle ?
À quels moments est-elle plus forte ?
Que se passe-t-il juste avant ?
Quelles pensées l’accompagnent ?
Que ressentez-vous dans votre corps ?
Quelles situations avez-vous tendance à éviter ?
Y a-t-il quelque chose que vous retenez, que vous n’osez pas exprimer ou que vous supportez depuis longtemps ?
L’objectif n’est pas de trouver à tout prix une cause unique.
Notre fonctionnement est rarement aussi simple.
Il s’agit davantage de mieux percevoir ce qui se passe pour vous et de remettre en lien des sensations, des émotions, des pensées, des besoins et votre environnement.
Peu à peu, ce qui apparaissait comme une anxiété incompréhensible peut commencer à prendre du sens.
Passer de « Pourquoi suis-je anxieux ? » à « Comment cela se passe-t-il pour moi ? »
Chercher le « pourquoi » peut être important.
Notre histoire, nos expériences, nos relations et les façons dont nous avons appris à nous protéger peuvent éclairer certaines réactions actuelles.
Mais il peut aussi être intéressant de déplacer légèrement la question.
Non plus seulement :
« Pourquoi suis-je anxieux ? »
mais aussi :
« Comment cette anxiété se manifeste-t-elle chez moi aujourd’hui ? »
Quand apparaît-elle ?
Que suis-je en train de vivre à ce moment-là ?
Qu’est-ce que j’aurais envie de faire mais que je m’interdis ?
Quelle limite aurait peut-être besoin d’être posée ?
Quel besoin n’est pas entendu ?
Qu’est-ce qui me permettrait de retrouver davantage de sécurité ou d’appui ?
Ce déplacement du « pourquoi » vers le « comment » permet souvent de retrouver progressivement une possibilité d’action.
Il ne s’agit pas de lutter contre soi
Lorsque l’anxiété devient inconfortable, notre premier réflexe est naturellement de vouloir qu’elle s’arrête.
Nous essayons de nous raisonner :
« Il faut que je me calme. »
« Je n’ai aucune raison d’être comme ça. »
« Il faut que j’arrête de penser. »
Mais lutter contre ce que l’on ressent peut parfois ajouter une deuxième difficulté à la première : non seulement l’anxiété est présente, mais nous nous reprochons également de la ressentir.
Une autre voie est possible.
Reconnaître :
« Pour l’instant, quelque chose en moi est inquiet. Je ne comprends pas encore complètement pourquoi, mais je peux commencer par l’écouter. »
Accueillir ce qui se vit ne signifie pas s’y enfermer.
C’est parfois, au contraire, la première étape pour permettre à quelque chose de bouger.
Retrouver davantage de choix
Dans un accompagnement en Gestalt, nous pouvons observer ensemble ce qui se passe lorsque l’anxiété apparaît.
Les sensations corporelles.
Les émotions.
Les pensées.
Les situations dans lesquelles elle se manifeste.
Votre manière de réagir, de vous protéger ou de vous adapter.
Peu à peu, ce qui semblait diffus ou automatique peut devenir plus perceptible.
Et lorsque nous percevons mieux ce qui se joue, nous pouvons parfois commencer à expérimenter autre chose : reconnaître un besoin, poser une limite, exprimer une émotion, demander du soutien, faire un choix ou simplement nous autoriser à ne plus tout porter de la même manière.
Le changement ne consiste alors pas à supprimer une partie de soi.
Il consiste davantage à :
retrouver de la conscience, du choix et une capacité à s’ajuster autrement.
En quelques mots
- Vous pouvez ressentir de l’anxiété même lorsque, extérieurement, « tout va bien ».
- Cela ne signifie pas que vous êtes trop sensible ni que vous inventez ce que vous ressentez.
- Peut-être que quelque chose demande simplement à être regardé avec davantage d’attention.
- Non pas pour chercher immédiatement à le faire taire.
- Mais pour commencer à comprendre :
Qu’est-ce qui se vit pour moi, ici et maintenant ?
Et de quoi ai-je besoin aujourd’hui ?
Parfois, c’est en cessant de combattre ce que nous ressentons que nous pouvons commencer à l’entendre autrement.
Je vous accompagne en Gestalt, en cabinet dans les Yvelines ou en visio, si vous souhaitez mieux comprendre ce qui se joue pour vous et retrouver progressivement davantage d’apaisement et de possibilités.
Lorsque l’anxiété devient intense, persistante, provoque des crises importantes ou affecte fortement votre sommeil, votre travail ou votre vie quotidienne, il peut également être important d’en parler à votre médecin ou à un professionnel de santé.

